Vendredi 1 août 2008
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15:43
Mardi 29 juillet 2008
Le milieu de l'Atlantique est mal pavé. Le trimaran Forget Formation a touché des vents de 25 à 30 noeuds et subi des creux de 4 à 5 mètres qui freinent la progression du bateau à 11 noeuds,
sous grand-voile.
Un ris seul (pas de voile d'avant d'envoyée), alors qu'au cours de la nuit, la moyenne d'avancée était de 15 à 16 noeuds avec une pointe à 24 noeuds.
Le "Forget Formation" était toujours à proximité du trimaran PRINCE DE BRETAGNE qui était à 49 milles légèrement en avant sur le Sud et la Laiterie de ST MALO était à 16
milles derrière lui avec son safran de secours. Pascal QUINTIN et son équipage étaient bien heureux qu'ils soient toujours dans la course et que cet équipage puisse rejoindre les leurs
dans les meilleurs délais.
Le rythme en course est incomparable à celui du convoyage, il faut toujours être en limite de ne pas prendre de risque, c'est à dire mettre le bateau dans une configuration optimale quand il
est dans le petit temps mais aussi appuyer sur le frein quand le vent forcit, ce qui peut paraître un peu frustrant, mais indispensable pour la sécurité des hommes et du bateau.
A cette date, Il était toujours difficile de donner une date d'arrivée au vu des conditions musclées qui devaient persister 36 heures, avant de se calmer
avant l'arrivée sur la Manche que Raphaël SOHIER pressent comme un peu plus "Rock and Roll" eu égard aux effets instables de l'anticyclone des Açores.
Jeudi 31 juillet 2008
Alors que la nuit de mardi 29 juillet au mercredi 30 juillet, très éprouvante, avait permis de bien avancer, l'équipage
s'attendait à franchir la barre des 1000 milles avant l'arrivée vers 14 h 00, malgré une météo très musclée.
Eh bien ! Ce fut pire, obligés de tout affaler, plus de grand voile et toutes les voiles d'avant sur le pont, dérivant sous pilote à 5
noeuds jusqu'à 23 heures, heure à laquelle le trimaran Forget Formation passait à 999 milles de l'arrivée.
Donc une vraie journée de galère pour l'équipage, d'ailleurs ce fut aussi le cas pour tous les multicoques qui se trouvaient dans la même zone.
Tous les bonhommes étaient à l'abri dans la cabine, à se faire brasser dans tous les sens. Il faut savoir qu'un multicoque ne gite pas, mais subi et transmet tous les chocs latéraux de manière
très sèche, violente et imprévisible, rendant les déplacements peu sûrs. Attention aux hématomes !
Donc toute la journée s'est déroulée avec un compteur qui n'avance pas et dans des conditions déplorables pour un dixième jour de mer. Cela attaque le moral et les sourires se sont faits de plus
en plus rares.
La nuit de mercredi 30 à jeudi 31 juillet a été plus favorable, le vent est passé de 40 noeuds à 25 noeuds bien que la mer qui présentait des creux de
6 mètres environ et mettait plus de temps à revenir praticable.
Pascal QUINTIN a osé malgré tout, sur la carte, regarder la pointe du Finistère qui pointe son nez, sans toutefois faire de pronostic quant à la date d'arrivée. Le marin est superstitieux de
nature.
Le plus vite sera le mieux désormais, les organismes sont un peu fatigués.
Une journée à bord ne ressemble aucunement à une journée à terre.Déjà, les instruments sont calés sur l'heure universelle (deux heures de moins que la France), alors que l'horloge interne des
équipiers prend en compte le jour et donc les décalages horaires (6 h 00) avec QUEBEC n'ont pas d'effet.
La nuit, deux équipiers sont en veille ; l'un sur le pont (pour la surveillance des voiles et du trafic) bien que la barre soit souvent confiée au pilote automatique ; le second
est aux instruments.
Les deux autres équipiers dorment. Le relais intervient toutes les deux ou trois heures.
Ce rythme se poursuit en début de matinée, au fil de l'état de fatigue des hommes qui soit continuent de se reposer, soit participent à l'entretien courant ou encore font avancer le navire,
ce jusqu'à 16 heures où a lieu le repas collectif. Puis repos pour les 2 hommes qui n'assurent pas le quart jusqu'à une collation qui précède la tombée de la nuit et ainsi de suite...
A suivre : les dernières nouvelles sur l'arrivée prévisionnelle du trimaran Forget Formation